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virus Ebola
virus Ebola

La lutte est absente dans les écoles

L'épidémie de fièvre Ebola a fait déjà plus de 4500 morts en Afrique de l'Ouest selon des chiffres officiels de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), essentiellement au Liberia, en Sierra Leone et en Guinée. Le Bénin, jusque là n’a pas encore de cas officiel déclaré de malade à virus Ebola. Son plan de riposte demeure pour l’instant dans la sensibilisation. C’est dans ce contexte que les élèves ont repris le chemin de l’école avec très peu d’engagement des autorités en charge de l’éducation pour accompagner les mesures de prévention contre le virus Ebola.

Depuis le 16 octobre dernier, l’école béninoise a rouvert ses portes. Les écoliers et élèves ont retrouvé le chemin des classes après quelques semaines de vacances. Le contact avec les camarades de classe reprend de nouveau bref le monde scolaire reprend vie. Sur ce plan, rien à dire. Toutefois ramenons la reprise des classes dans le contexte de l’actualité sanitaire ouest-africaine avec la fièvre hémorragique causée par le virus Ebola. C’est l’actualité qui a le plus marqué ces vacances scolaires et il serait bien utile d’en évoqué lorsqu’on sait que l’école est un lieu de mobilisation de masse. Jeunes apprenants comme enfants, personnel enseignant, personnel en charge de la restauration et autres usagers de l’école se côtoient sans grande inquiétude même si inquiétude il n’y en a pas pour l’instant.

Le Bénin demeure pour l’heure, l’un des pays de l’Afrique de l’Ouest qui n’a pas encore déclaré de cas réel de malade à virus Ebola. Le seul cas suspect de Porto-Novo qui a défrayé la chronique s’est avéré négatif suite aux analyses conduites par les autorités en charge de la santé. A ce jour, la lutte contre le virus Ebola se résume en une campagne de communication et de sensibilisation sur les règles et reflexes à adopter pour éviter une contamination voire une transmission du virus en cas d’infection. Le potentiel du Bénin de faire face à une crise réelle de contamination reste à évaluer du moment où aucun cas réel n’est enregistré encore. C’est peut être pour cela que l’on observe un certain relâchement dans la mise en œuvre de la riposte nationale de lutte contre le virus Ebola. Même en termes de communication, l’impact demeure moins effectif encore dans les communautés. De nos observations et analyses de terrain, on constate que les populations résument les facteurs de transmission du virus à la consommation des viandes de brousse avec une grande minimisation de l’élément humain qui est d’ailleurs le facteur important dans la transmission du virus depuis l’éclatement de l’épidémie dans la sous région ouest-africaine. Dans le cas précis du secteur éducatif, la rentrée scolaire devrait être une occasion pour les autorités d’aller au contact de la communauté scolaire. Les ministères en charge de l’éducation devraient mettre en œuvre leurs propres mesures de communication pour la sensibilisation de la communauté scolaire surtout en matière de règle d’hygiène à observer en milieu scolaire. C’est vrai que les règles d’hygiène en milieu scolaire est le commun des notions données à l’école mais les règles d’hygiène dans un contexte marqué par la propagation d’un virus dont on ne connait pas encore la capacité du Bénin à le maitriser serait d’une autre nature. En effet, il faut davantage l’implication de la communauté scolaire dans la pratique des règles d’hygiène à l’école mais faudrait que cette communauté dispose de l’information. L’une des règles qui devrait constituer le reflexe quotidien est le lavage des mains. Au Nigéria par exemple, la rentrée scolaire a été reportée à plusieurs reprises dans nombre d’Etats parce que les écoles n’étaient pas préparées pour offrir aux élèves les conditions hygiéniques de base en ce qui concerne le lavage des mains. En transposant le même cas au Bénin plusieurs observations peuvent être faites. Depuis la rentrée, quelle mesure a été mise en place pour faciliter le lavage des mains dans les écoles ? Un tour fait dans bon nombre de collèges d’enseignements généraux de Porto-Novo par exemple laisse tout simplement pantois. Le lavage des mains n’est pas un reflexe chez les apprenants qui viennent juste de reprendre les classes. Or, c’est dès maintenant qu’il faut conditionner les apprenants à ce reflexe qui est quasi inexistant dans les collèges. Combien de lavabos sont disponibles dans les écoles pour permettre aux apprenants de se laver les mains ? Qu’est-ce-qui se fait dans les écoles qui n’ont pas de point d’eau? Autant de préoccupations qui devraient être prises en compte par les autorités du système éducatif pour accompagner les stratégies de lutte contre le virus Ebola en matière de prévention. Mais sur le terrain, le constat est la ! Quid des affiches de sensibilisation dans les écoles ? Elles n’existent pas constatons-nous. Alors comment les autorités comptent faire impliquer la communauté scolaire dans la pratique des règles d’hygiène contribuant à limiter la propagation du virus en cas de contamination ? Cela demeure une question à débattre. Pour l’heure, l’école ne semble pas être impliquée dans le processus de riposte face au virus Ebola et les autorités du secteur de la santé et de l’éducation n’ont pas du temps tant que la transmission du virus Ebola n’est pas maitrisée en Afrique de l’Ouest.

Tag(s) : #education, #Ebola, #virus école; rentrés; Bénin
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