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Des agriculteurs travaillant dans un champs de mais. Photo: integration.com

Des agriculteurs travaillant dans un champs de mais. Photo: integration.com

« 11% de la population béninoise est en insécurité alimentaire et 40% des enfants de zéro à cinq ans souffrent de malnutrition chronique. La population agricole est vieillissante et l’agriculture n’est pas un secteur attractif pour les jeunes ». C’est la remarque faite  par un responsable du ministère de l’agriculture du Bénin lors d’une présentation publique du Programme d’actions du gouvernement (Pag) à Porto-Novo.

Ce constat montre combien la promotion de l’agriculture pour assurer la sécurité alimentaire des béninois demeure une préoccupation et un défi pour le gouvernement qui a consacré 8% du budget du Programme d’actions du gouvernement pour la période 2016-2021 au secteur de l’agriculture.

S’il faut rendre l’agriculture attrayante pour mettre en valeur les potentialités de développement agricole que dispose le Bénin, le gouvernement devra véritablement investir pour rendre ce secteur attractif. Dans le Pag, l’on parle par exemple de la valorisation de la vallée de l’Ouémé, deuxième vallée la plus riche au monde pourtant encore mal exploitée et de l’aménagement de milliers d’hectares de terre pour installer les jeunes. Sur papier, c’est beau mais l’on devrait aller au concret par ce que le président de la République Patrice Talon appelle « l'investissement productif rentable ».

Patrice Talon avait déclaré lors de sa participation au deuxième Forum d'investissement en Afrique en Chine que « la diversification et la modernisation en cours feront du Bénin une puissance agricole régionale à fort potentiel avec de réelles opportunités d'investissements». Les partenaires au développement ne manqueront pas d’accompagner chacun selon sa ligne le Bénin dans sa nouvelle vision de développement projetée pour 2021. La Chine en est un ! Mais dans l’agriculture il faudra renforcer la coopération.

des machines agricoles offertes au Bénin par la Chine sous Yayi. Crédit photo : Xinhua.

des machines agricoles offertes au Bénin par la Chine sous Yayi. Crédit photo : Xinhua.

Redynamiser la coopération bénino-chinoise dans le secteur de l’agriculture

La Chine est un partenaire active dans la construction des infrastructures au Bénin. Elle pourrait être d’une aide de taille dans la nouvelle approche du gouvernement à relever des défis dans le secteur de l’agriculture. La Chine a une volonté affichée de contribuer au développement agricole en Afrique. Les clauses du partenariat Chine-Afrique issues de la 6e Conférence ministérielle du Forum sur la Coopération sino-africaine de décembre 2015 à Johannesburg, en Afrique du Sud devrait être une opportunité pour le Bénin qui entretient de bonne relation de coopération avec la Chine.

En terme de partenariat, c’est un axe à privilégier car au-delà des infrastructures, la question de valorisation de l’agriculture est une solution pour garantir la sécurité alimentaire au béninois. « Les politiques doivent stimuler la science agricole, accélérer sa diffusion au sein des exploitations et favoriser la transmission de l’expérience des agriculteurs aux chercheurs » recommande d’ailleurs en page 106 le Rapport national sur le développement humain 2015 qui traite de la question de l’agriculture et de sécurité alimentaire.

Mettre à profit le Centre pilote de technique agricole chinoise de Sèmè-Kpodji pour impacter les jeunes agro-entrepreneurs

La Chine s’est  déjà illustrée par le passé sous le gouvernement Yayi à apporter son expertise pour le développement de l’agriculture au Bénin. Le Centre pilote de technique agricole chinoise (CPA) situé dans la commune de Sèmè-Kpodji inauguré en 2011 est déjà un acquis de la coopération sino-béninoise dans le secteur. La formation des producteurs agricoles locaux aux techniques chinoises pour la rentabilité du maïs par exemple est l’une des missions de départ de ce centre. Pourquoi ne pas profiter de l’expertise chinoise pour impacter les jeunes agro-entrepreneurs que le gouvernement compte installer à l’avenir ou ceux recrutés dans divers programmes dont le Projet emploi des jeunes (Pej) ? Plus de six ans après l’inauguration du CPA, le gouvernement béninois devrait redynamiser ce partenariat agricole pour servir la nouvelle vision du Pag.

Le plan d’action 2016-2018 du forum sur la coopération sino-africaine de Johannesburg  offre des possibilités d’actions que pourraient mettre en œuvre la Chine et le Bénin pour renforcer leur coopération sur le plan agricole. Ce plan est élogieux lorsqu’il indique en ces termes

« La partie chinoise encouragera et soutiendra l'investissement des entreprises chinoises dans le domaine agricole en Afrique. Elle travaillera à réaliser les projets de coopération et à fournir le soutien technique en matière de culture de céréales, de stockage, de règlements sanitaires et phytosanitaires, d'élevage, de capacité de transformation agroalimentaire, de sylviculture et de pêche, afin de créer les conditions favorables pour assurer la sécurité alimentaire à long terme dans les pays africains, basée sur la production et la transformation de l'agriculture nationale».

Reste au Bénin de tirer profit de ce partenariat pour faire de son agriculture un véritable pole de développement.

Tag(s) : #Bénin, #Chine, #Coopération, #Agriculture
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